Les objets connectés en entreprise

Publié par Mathilde Borel il y a 2 mois | Actualités

L’internet des objets est en plein essor avec 7 milliards d’objets connectés en service en 2018 et plus de 21,5 milliards en 2025 selon le cabinet IoT Analytics. Après avoir été présent partout dans notre quotidien, les objets connectés submergent le monde de l’entreprise, pour « assurer » le bien-être des collaborateurs. L’objectif annoncé est de garantir de meilleures conditions de travail en prévoyant leurs besoins par le biais de bracelets, de casques ou d’applications connectées, mais la vraie question est de savoir si les salariés ne seraient pas la cible d’un détournement au profit de l’entreprise pour augmenter ses performances en contrôlant leur activité ?

 

Des objets connectés dans la prévention des risques au travail

De premier abord, ces objets connectés offrent une belle promesse, celle d’assurer un développement professionnel maximum aux collaborateurs à travers l’analyse des données et de son environnement.
Par exemple, le robot français « Numii », est le premier objet connecté au monde à mesurer les difficultés au travail en analysant l’espace de travail et la posture des collaborateurs. Ou encore d’autres objets connectés donnent la possibilité d’ajuster automatiquement certains paramètres de travail (humidité, température, lumière, bruit, qualité de l’air, odeurs, particules, vibrations) et éditer des bilans pour améliorer ces facteurs.

Ces objets connectés vont même jusqu’à former les utilisateurs tels que le coussin connecté en étudiant la posture, les habitudes et le niveau de stress des collaborateurs afin de les accompagner sur la position à prendre.

 

Mesurer le niveau de stress de l’employé

Les sociétés espèrent être en mesure de savoir quel est le degré de stress de leurs collaborateurs pour leur apporter des réponses appropriées en fonction de leur état.

Il existe un traceur d’activité qui est porté sur une épingle (poitrine ou ceinture) et qui suit le taux de stress de chaque collaborateur par le biais de sa respiration. S’il décèle une pointe de tension, l’objet connecté se met à trembler discrètement et le programme en lien avec l’objet suggère par la suite des exercices de relaxation.

De même, les vêtements ou bracelets connectés contrôlent que les collaborateurs ne sont pas victimes de troubles respiratoires ou du rythme cardiaque lorsqu’ils sont soumis à des contraintes physiques sévères.

 

Bureau connecté

Un bureau connecté pour une optimisation du travail en collaboration, permet de savoir si son collègue est présent et disponible pour éviter les déplacements inutiles. L’objet connecté promet moins de marches, moins de mouvement et une économie d’énergie selon eux…

Ce bureau se connecte à vos appareils en Bluetooth et vous permet de surveiller votre niveau de santé dans des postures assises ou debout grâce à un tapis. Il s’ajuste selon votre taille et votre poids et peut manuellement être ajusté davantage si nécessaire. Par exemple, il vous propose de vous lever s’il détecte une activité assise supérieure à 2 heures.

Le bureau est aussi connecté à différents appareils par Bluetooth, il permet de contrôler l’état de santé en position assise ou debout en utilisant un tapis. Il s’adapte à votre taille et votre poids et peut être ajusté manuellement. S’il constate une position assise de plus de 2heures, il vous suggèrera de vous lever.

 

Tous ces exemples témoignent de la réussite et l’intérêt des objets connectés en entreprise. Aujourd’hui, le bien-être au travail est devenu un véritable défi pour les entreprises, il est difficile de ne pas apprécier ses petits objets. Cependant, encore certains employés n’arrivent toujours pas à adopter ces nouvelles technologies, ils préfèrent être autonomes plutôt qu’être « contrôlés ».

 

Trop de surveillance ? trop contrôlé ? Plus de liberté ?

L’éthique d’entreprise sera au cœur des enjeux puisque l’entreprise devra s’assurer que les renseignements recueillis des objets connectés ne serviront qu’à améliorer le bien-être des employés et non à des évaluations professionnelles et au jugement personnel.

Par exemple, en Chine, des entreprises utilisent des détecteurs pour contrôler les émotions des salariés afin d’adapter leurs décisions managériales : changement de poste ou non, repos imposé, etc… Finalement, l’objet connecté ne profitera pas forcément aux salariés.

Récemment, Amazon a déposé un brevet pour un bracelet qui permettrait de suivre avec précision où les salariés se déplacent dans l’entrepôt afin de s’assurer qu’ils restent actifs. Il vibre si le salarié a attrapé un mauvais colis ou a mal positionné ses mains… Il contrôlerait également la durée des pauses… Un tel appareil risquerait surtout de transformer ses salariés en robot et de créer une surprotection.

Ce type d’objet connecté avec des objectifs non appropriés relance le débat de la surveillance des lieux de travail et le traitement déshumanisé des salariés.

 

Aujourd’hui, en France, peu d’objets connectés sont encore réellement implantés dans les entreprises industrielles. En 2018, une étude précise que 3 entreprises sur 4 disposent de moins de 100 objets connectés. Les objets connectés sont utilisés par 29% des entreprises en Angleterre et 63% des entreprises Américaines. Ce nombre augmentera en raison du déploiement des objets connectés. Progressivement, de plus en plus d’entreprises s’y mettront malgré les différentes oppositions de certains employés.

N’hésitez pas à relire notre article concernant l’impact de l’Internet des Objets dans le PLM !